De la première guerre mondiale...

Les historiens retiennent les chiffres suivants : 10 millions de morts sur l'ensemble des fronts, 4800 soldats tués chaque jour du conflit, des dizaines de milliers de veuves, autant d'orphelins. A cela s'ajoutent les innombrables blessés, mutilés, et ceux que l'on appellera les gueules cassées. Cent ans... Nous avons bien tenté de détourner le regard... Ne pas se retourner... Foncer droit devant... Aller vite pour penser moins... Accélérer encore pour avoir l'excuse de ne pas se retourner... « Le degré de la vitesse est directement proportionnel à l'intensité de l'oubli » écrit Milan Kundera...

Et pourtant... Ils nous parlent... les poilus...

Eux, ne cessent de nous observer, attentivement , tranquillement, du fond des tiroirs, au détour d'une page, de l'étalage d'une brocante, du médaillon sépia plaqué sur une stèle au cimetière du village... Pétrifiés, sur leur stèle, dans chaque commune, ils sont là , toujours , présents d'être morts, et nous parlent un siècle, encore, plus tard...

Mais de quoi nous parlent-ils ?

Eh, bien ! Pas de la guerre, malgré le costume bleu horizon. Pas des souffrances endurées. Pas des obus qui labourent les corps. Pas des familles détruites. Pas des assauts à la baïonnette. Pas de la grosse Bertha et de la vie d'hommes devenus rats ou de rats devenus hommes. Pas des bras, des jambes, des yeux, des poumons, perdus dans les nuées de gaz moutarde. Non rien de tout cela, détrompons-nous. Ils ne sont pas dans la plainte, le gémissement. Ils ne cherchent pas la compassion. Ils nous parlent , oui... comme nous parle Louis Barthas , dans ses Carnets de guerre...

Ils nous disent à un siècle d'intervalle, ils nous rappellent cette capacité incroyable que nous avons, nous les humains, à vivre en paix en toute fraternité... Cette magnifique intelligence, que nous pouvons, si nous le voulons, utiliser pour nous créer les uns les autres, plutôt que pour nous détruire les uns les autres...

Voilà ce que nous voudrions exprimer en proposant ce spectacle disponible dès à présent en tout lieu, petit ou grand, riche ou pauvre...