Est-ce que l'éloignement éloigne ?

Suffit-il de s'éloigner
Pour faire le vide
N'avoir plus d'autour
Etre sans dehors ?

Et dedans alors?
Dedans c'est comment ?
Au-dedans de nous ?
Que l'on soit nous ici ?
Que l'on soit nous là-bas ?

Plein d'eau claire des lagons,
De poissons lunes, de coraux
De bonites bleues
De saveurs de coco
Ou plein toujours
D'envies d'ailleurs
De vides
De grands ciels
Ouverts
En baisers géants
De grands ciels?

Et qu'en est-il des ciels?

Qu'en est-il des ciels
Qu'on fixe droit
Dans les yeux
Rétine contre azur?
Se mêlent-ils
A notre humeur vitreuse?
Ou restent-ils là-bas
A distance
Dans leurs poses
Verticales
En nous envoyant
Quelques cumulo-prouts

Qu'en est-il des ciels
Quand on bosse
Quand on fait les courses
Quand on mange des nouilles
Au concentré de tomate
Avec une côte de porc?
Nous observent-ils
Dans ces moments là ?
Ou regardent-ils ailleurs
Au-dessus de l'océan
Voler les albatros?
S?attachent-ils à nos tongues
A nos bermudas de couleur?

Peut-être que là-bas
Comme ailleurs
Comme ici
Les ciels s'en foutent
Comme de leur dernière pluie
De ce qu'on fourgonne
Nous les humains
Ici

Parce que les ciels
Ont autre chose à faire
Ils observent en effet ?



Ils scrutent?
Attentifs ?
L'autre côté...

Celui où nous ne sommes pas.