Il y a des moments
Comme ça
Où il vous vient
L'idée d'agir
Dans tel sens
Où dans celui-là
Parce que
Ce que
Les Autres
Vous disent du monde
Ne vous permet pas
De vivre tranquille
En vous écoutant
Respirer
Doucettement
En reproduisant
Votre quotidien
A ne rien faire
Ou juste ce qu'il faut
Pour ne pas
Attirer l'attention
Ne pas déplaire
Rester poli
Avec tous
Y compris ceux
Qui vous cherchent
Qui pourraient trifouiller
Dans votre temps
Dans vos idées
En essayant de relever
Le hiatus
La contradiction
Fatale
Ceux qui pourraient
Vous faire peur
Entendez par là
Ceux
Qui vous le font sentir
Qu'ils vous donnent
La permission de vivre
Ceux qui possèdent
Ceux qui vous susurrent
En permanence
Et par tous les moyens
Avec leurs gros tuyaux
A paroles
A images suggestives
Ceux qui vous susurrent
En permanence,
Que dans la fable
C'est le chien
Qui a raison
Car combien
Reste-t-il de loups
Et dans quel état, pitoyable
Le flanc creux
La voix couverte
Par le silence étouffant
Du confort apparent
De la satisfaction de surface
Du bien-être (hypocrite)
Que révèle le regard
De certains toutous
Au travers des vitres
Artificiellement teintées
Par les maîtres du monde.
Ceux qui
Vous pourriez
Rester tranquille
Tranquillement
Tranquillement tranquille
Ne pas chercher les ennuis
Aller de temps en temps
Dans un parc
De divertissement
Dans un camp de vacances
Qui sent l'ananas
Ou dans ces immenses
Zones commerciales
Avec animations
Programmées
Pour vous
Et pour vos enfants
Où le temps passe si vite
Quand on veut bien
Se laisser aller
Au théâtre même
Où se produisent
Les acteurs
Et les actrices à la mode
C'est à dire conformes
Au modèle généralement admis
Au cinéma aussi
Vous pourriez lire
Pour vous distraire
Des bouquins
Largement conseillés
Par des conseillers officiels
En littérature
Le tout
Tranquillement,
En consommateur passif
Sans vous mêler
De quoi que ce soit,
Grisé par le pur plaisir
En esthète
Sans chercher les ennuis
Vous pourriez même
Obtenir en cas de difficulté
Une aide en boules Kès
En lunettes
Et même en médicaments
Adaptés
A ce qu'ils nomment
Votre névrose
Eh oui les loups
Qui désireraient se convertir
Peuvent obtenir une aide
Auprès des caisses
Mises à leur disposition
En résumé
Vous pourriez vous taire
Et vous installer
Tranquillement
Derrière ces vitres teintées
Qui rendent tout si facile
Par simple effet d'optique.
Il suffirait
Que vous vous laissiez aller.
Mais voilà
Une chose
Dans votre tête
En entraînant une autre
A l'infini
Vous n'arrivez décidément pas
A vous taire
Et vous vous retrouvez
Embringué
Dans des histoires
Des confrontations
Des explications
Qui rebondissent
Sur les murs
De la pensée unique
Et vous reviennent
Et que vous relancez
Inlassablement
En espérant qu'un jour
Elles s'y coincent
Y germent
Et y fassent des petits
Ouvrent une brèche
Vous dégagent un horizon
De possibles
Car vous ne pouvez imaginer
Et vivre le monde
Qu'infini
Vous avez beau faire des efforts
Un monde d' idées toutes faites
Et maçonnées au cordea
Autour de vous
Ne vous convient pas
Vous rêvez d'espaces illimités
Pour faire courir votre esprit
Vous avez du lupus
Sous votre peau
D'homme de tous les jours
Et on ne vous a rien dit
Vous n'avez rien trouvé
Sur votre carnet de santé
Dans vos dossiers scolaires
Aucune indication négative
Au contraire
Une évolution physique parfaite
Pas de goût particulier
Pour la viande
Un système pileux
Plus qu'ordinaire
Vos oreilles de même
Et votre démarche
Rien qui puisse laisser
Soupçonner
Une quelconque parenté
Avec l'animal
Mangeur de chaperons rouges
En goguette
Avec l'animal
Dont les yeux
Percent la nuit
Comme des lasers
Vous avez lu
Le loup des steppes
En long
En large
Et en travers
Là il est bien question
D'un homme
Et non d'un loup
Mais ce n'est pas vous
Vous êtes d'un autre type