Notre « TéATR' » a ceci de particulier :
- Il mesure son succès non pas au nombre de personnes présentes à la représentation mais au nombre de points d'interrogation qui deviennent visibles dans la Cité.
- Il traite d'un problème crucial de société à ce moment de notre Histoire. (« c'est un théâtre d'ici et de maintenant »)
- Il se joue dans l'espace social c'est à dire celui de la Cité sans exclusive sachant qu'on peut faire du théâtre partout et même dans les théâtres.
- Ses acteurs principaux sont ceux là mêmes qui sont au centre du problème et qui sont associés à des artistes c'est à dire des professionnels de l'expression et de l'imaginaire.
- Il tente de se débarrasser du spectateur c'est à dire de celui qui consomme généralement dans la passivité
- Il cherche à établir un autre processus de communication en matière de culture
- Il tente de franchir les barrières sociales , générationnelles, culturelles, économiques...
- Il privilégie une approche par la pratique , le partage, l'écoute et le lien direct entre des personnes considérées dans leur capacité à exprimer leur vision du monde donc à agir
- Il tente de reconsidérer les modes de production , la fonction et la présentation de l'objet artistique.
- Il se déroule sur un temps très long (plusieurs mois , années)
- Il ne se joue qu'une fois
- Il tente de se débarrasser du tiroir caisse ce qui veut dire qu'il se veut d'intérêt public.
- Il ne craint pas de se frotter au quotidien, d'entrer dans les maisons, les écoles , les lieux de travail, les hôpitaux...
- Il s'appuie sur l'affirmation suivante du dramaturge Armand Gatti , connu pour son travail sur les marges du système :« Il y a deux éléments de trop au théâtre, le spectateur et le tiroir-caisse » .Sachant que ces deux éléments là peuvent en effet (s'ils ne sont pas sérieusement titillés) pourrir non seulement le théâtre mais aussi la démocratie.
- Il tente d'agrandir le champ d'intervention et d'inspiration des artistes en les invitant à ne pas sous-estimer leur rôle social et politique et à s'occuper si l'on peut dire de ceux qui les regardent.( Tout le monde se rappelle de Jean Vilar emmenant ses comédiens aux usines Renault. Pour que des ouvriers puissent voir des artistes? Non , pas du tout, mais pour que des artistes aillent voir le monde ouvrier...)
- Il invite ceux qui le plus souvent sont ceux qui regardent à ne pas se sous-estimer et à s'occuper de ce qui les regarde. (car, si tout le monde ne regarde pas l'art , l'art se doit, en démocratie du moins, de regarder tout le monde.)